
Conférence internationale pour l’harmonie mondiale : le rôle des femmes dans la promotion de la paix
En 1977, les Nations Unies ont officiellement désigné le 8 mars comme Journée internationale des femmes, invitant tous les pays du monde à célébrer une journée consacrée aux droits des femmes. Le 23 novembre 2021, la Conférence générale de l’UNESCO a adopté la résolution 41 C/57 qui proclame le 25 janvier Journée internationale des femmes dans le multilatéralisme. Promouvoir l’égalité des droits, du pouvoir et des chances pour tous, ainsi qu’un avenir féministe où personne n’est laissé pour compte. Au cœur de cette vision se trouve l’autonomisation de la prochaine génération – les jeunes, et en particulier les jeunes femmes et les filles – en tant que catalyseurs d’
un changement durable, et la garantie que cette priorité mondiale devienne « une question qui concerne tout le monde », comme le stipule le paragraphe 09200 du document 43 C/5 de l’UNESCO.
L’initiative Women4Ethical AI de l’UNESCO s’appuie sur les connaissances, les contributions et les réseaux des principaux experts en intelligence artificielle (IA) pour promouvoir l’égalité des sexes dans le cadre des travaux sur l’IA. Ana Clara Giovani, membre de notre réseau NetOne, a participé à cette importante réunion. Nous partageons ici sa présentation.
Vidéo en anglais : https://www.youtube.com/watch?v=yWjlp75xYic

La confiance dans le dialogue interreligieux : comment les femmes issues des communautés religieuses peuvent façonner l’IA au service du bien commun
Mesdames et Messieurs, chers collègues et amis, c’est un véritable plaisir d’être ici aujourd’hui pour réfléchir avec vous à ce point de rencontre passionnant entre technologie et dialogue interreligieux — et, en particulier, pour mettre en lumière les dimensions de genre qui caractérisent ce débat.
Je ne sais pas combien d’entre vous ont déjà vu le compte Instagram d’un moine bouddhiste[i] qui a rassemblé plus de deux millions d’abonnés. Ses enseignements sont sereins, réfléchis, ancrés dans la spiritualité. Et pourtant, ce moine n’existe pas. Il est entièrement généré par l’intelligence artificielle.
C’est là un exemple du niveau de médiation technologique que nous avons atteint. La technologie occupe des espaces que nous considérons comme sacrés et humains. Et, pour moi, cela soulève une question fondamentale sur la confiance : dans un monde où des millions de personnes suivent les enseignements de quelqu’un qui n’existe pas, comment cultivons-nous la confiance — dans les relations humaines au sens large, et plus spécifiquement au sein de nos communautés religieuses et entre nos différentes traditions de foi ?
Nous ne pouvons pas prétendre que la relation entre religion et technologie est quelque chose de nouveau.
Elle est historique et s’inscrit dans la continuité : de la tradition orale à l’écriture, des manuscrits à l’imprimerie, de la radio et de la télévision à Internet et aux réseaux sociaux, chaque nouvelle technologie a suscité des débats, des craintes et des processus d’adaptation[ii]. La question ici n’est pas de savoir si la technologie et la religion vont interagir. Elles le font déjà.
Il existe de nombreuses applications qui aident les croyants dans leurs prières et leurs pratiques de dévotion ; peut-être en utilisez-vous une vous-même. À Varsovie, un robot catholique appelé Santo interagit avec les fidèles, répondant à leurs questions et leur offrant un accompagnement spirituel. Au Japon, dans un temple bouddhiste de Kyoto, un robot nommé Mindar prononce des sermons devant les visiteurs, y compris les moines[iii]. Parallèlement, des systèmes de chat basés sur l’intelligence artificielle et formés sur des textes sacrés[iv] — bouddhistes, islamiques ou juifs — répondent à des questions théologiques, reproduisent des enseignements et proposent des interprétations via des interfaces conversationnelles.
De cette manière, l’intelligence artificielle devient un médiateur de l’autorité religieuse, de l’interprétation et, pourrait-on dire, de l’expérience spirituelle. Mais la médiation n’est jamais neutre. Elle façonne ce qui est transmis, la manière dont ce message peut être interprété et qui est reconnu comme une voix légitime.[v]
Et c’est là qu’il est important d’ajouter également la dimension de genre. Historiquement, les femmes ont eu une place limitée tant dans le développement et la gestion de la technologie[vi] que dans les espaces formels du dialogue interreligieux. Bien que les femmes assument une grande partie du travail quotidien des communautés religieuses — en soutenant les réseaux locaux, l’éducation, l’aide et l’engagement de base —, le leadership religieux a été, dans la plupart des traditions, majoritairement masculin. Le dialogue interreligieux s’est lui aussi traditionnellement articulé autour de rencontres entre dirigeants officiels, qui étaient en grande majorité des hommes.
Bien sûr, ce déséquilibre n’est pas propre à la technologie ou à la religion. Il reflète des structures sociales patriarcales plus larges qui ont façonné l’accès à l’autorité, à la production de connaissances et au pouvoir décisionnel au sein des sociétés.
Les préjugés de genre bien connus dans le domaine de l’IA s’entremêlent également avec des préjugés religieux et culturels. Les ensembles de données d’entraînement sont majoritairement occidentaux et fortement influencés par des références chrétiennes[vii]. En conséquence, les systèmes d’IA font souvent preuve d’une moindre précision dans le traitement de contenus liés aux traditions religieuses non occidentales. Certaines études ont montré[viii], par exemple, que les termes associés à l’islam sont classés de manière disproportionnée avec un sentiment négatif dans les algorithmes d’analyse textuelle, tandis que les textes chrétiens apparaissent beaucoup plus fréquemment dans les données d’entraînement que ceux des traditions bouddhistes, hindoues ou autochtones.
En ce sens, l’IA amplifie les préjugés et systématise les inégalités déjà inhérentes à nos sociétés. Lorsque les préjugés religieux s’entremêlent avec ceux liés au genre, les femmes appartenant à des communautés religieuses minoritaires risquent de devenir doublement invisibles —
tant au sein des systèmes technologiques qu’au sein de la représentation interreligieuse officielle. Si l’intelligence artificielle continue à jouer un rôle de plus en plus important dans la médiation des connaissances, de l’autorité et de l’interprétation religieuses, alors l’exclusion des femmes de la conception de ces systèmes n’est pas simplement une question de représentation. Elle devient une question éthique fondamentale quant aux voix qui définissent l’avenir spirituel et technologique que nous construisons.
Dans divers secteurs, on prend de plus en plus conscience que l’IA doit être guidée par des principes qui protègent la dignité humaine, l’inclusion, la justice et la responsabilité. Des initiatives telles que les travaux de recherche menés dans le cadre d’Artificial Intelligence for Social Good[ix], la Recommandation de l’UNESCO de 2021 sur l’éthique de l’intelligence artificielle[x] et les déclarations des autorités religieuses[xi] — dont Antiqua et Nova, la note la plus récente sur la relation entre « intelligence artificielle et intelligence humaine », publiée par l’Église catholique[xii] — soulignent toutes, selon leurs points de vue institutionnels et moraux respectifs, la nécessité de lutter contre les préjugés.
Ils convergent tous vers une préoccupation commune : la technologie doit être au service de l’humanité, et non aggraver les inégalités existantes, comme l’a affirmé le pape François dans son Message pour la Journée mondiale de la paix de 2024[xiii].
Partant de cette vision éthique commune, le dialogue et la coopération interreligieux ont un rôle spécifique et opportun à jouer. Je voudrais suggérer trois moyens concrets par lesquels le dialogue interreligieux peut contribuer à l’IA pour le bien commun :
- Promouvoir des ensembles de données diversifiés et représentatifs ;
Cela implique une révision systématique, une vérification et une mise à jour des bases de données à grande échelle déjà utilisées par les principaux systèmes d’IA. La diversité de genre, religieuse et culturelle doit être traitée comme un critère éthique fondamental dans la gouvernance des données, en s’attaquant directement aux préjugés structurels de genre, religieux et culturels inhérents aux modèles d’IA existants.
Cette dimension trouve un écho concret dans le Serment numérique[xiv], une initiative de NetOne[xv] — la branche communication de l’ONG New Humanity[xvi] — en collaboration avec l’université Sophia, qui propose un engagement éthique public pour tous les acteurs de l’écosystème numérique, des développeurs aux créateurs de contenu. Inspiré du serment d’Hippocrate, il inclut explicitement l’engagement à « être inclusif et équitable dans la création et la conception de contenus ». Lorsqu’il est adopté par les data scientists et les ingénieurs, cet engagement implique directement la responsabilité vis-à-vis des préjugés que les systèmes reproduisent. Appliqué aux ensembles de données, cela signifie que la représentativité et la diversité doivent être intégrées dès le début de la conception du système, plutôt que d’être introduites comme mesure corrective après la mise en œuvre.
- Promouvoir la culture numérique et l’éducation technologique, en particulier en valorisant les femmes en tant qu’éducatrices et médiatrices ;
Les communautés religieuses jouent un rôle unique dans ce domaine grâce à leur portée mondiale, à leur présence dans les milieux ruraux et marginalisés, aux relations de confiance déjà établies avec les personnes et à l’existence de leurs propres structures éducatives. À une époque où la désinformation, les fausses nouvelles et l’utilisation manipulatrice de l’IA menacent particulièrement les groupes vulnérables, cette proximité et cette présence relationnelle revêtent une importance considérable.
Cette recommandation trouve une application concrète dans le projet « Senior’s App : Le monde à portée de main », une initiative menée par un chercheur[xvii] de NetOne — liée à l’ONG New Humanity. Développé à Medellín, en Colombie, plus précisément à l’Université polytechnique Grancolombiano, le projet a impliqué 120 adultes de plus de 50 ans dans des ateliers d’alphabétisation numérique menés par des étudiants universitaires. Les résultats ont été significatifs : les participants ont acquis les compétences nécessaires pour utiliser des appareils mobiles, accéder à l’information, communiquer avec leurs proches et identifier et remettre en question les fausses informations. Mais l’impact a dépassé le cadre des compétences techniques. Des témoignages tels que « Je me sens indépendant et plus en sécurité » ou « Je vais pouvoir communiquer avec ma famille » révèlent que la culture numérique est aussi un acte de reconquête de la dignité et de l’appartenance sociale.
Le projet illustre en outre un principe que le dialogue interreligieux peut adopter et développer : l’éducation numérique est plus efficace lorsqu’elle se déroule dans des contextes de confiance, animée par des personnes proches de la communauté, en utilisant un langage accessible et en prêtant attention aux besoins réels. C’est précisément le type d’environnement que les structures religieuses sont en mesure d’offrir.
Dans ce contexte, il existe une formidable opportunité pour le développement du leadership féminin en tant qu’éducatrices et médiatrices numériques. Dans de nombreuses communautés religieuses à travers le monde, les femmes
jouent déjà ce rôle structurant — en tant que catéchistes, enseignantes, formatrices et ponts entre
les familles et la vie communautaire. Responsabiliser les femmes religieuses en matière de culture numérique et de compréhension éthique de l’IA crée un puissant effet multiplicateur : des femmes qui forment d’autres femmes à la technologie, instaurant ainsi la confiance et un sentiment d’appartenance dans un domaine qui reste majoritairement masculin.
Cette perspective se reflète dans l’initiative Women4Ethical AI, une plateforme promue par l’UNESCO qui œuvre pour garantir la participation égale des femmes à la gouvernance et au développement de l’IA, fondée sur le principe que des systèmes véritablement éthiques nécessitent la voix des femmes non seulement en tant qu’utilisatrices, mais aussi en tant que conceptrices, éducatrices et décideuses.
- Préserver les espaces de confiance humaine que la technologie ne peut remplacer.
Il existe une distinction fondamentale qui ne doit pas être négligée : la différence entre fiabilité et confiance[xviii]. Nous comptons sur un distributeur automatique, un ascenseur, l’IA — et nous nous attendons à ce qu’ils fonctionnent correctement. Mais la confiance, dans son sens le plus complet, est quelque chose de tout à fait différent. La confiance exige la réciprocité. C’est un acte bilatéral, ancré dans notre histoire évolutive d’êtres sociaux : deux individus ou plus qui croient en la loyauté mutuelle, qui peuvent unir leurs forces précisément parce que chacun sait que l’autre est capable du même engagement en retour.
Puisque la véritable confiance exige cette réciprocité, ce que nous construisons avec les systèmes d’IA, aussi sophistiqués soient-ils, reste structurellement différent de ce que nous construisons les uns avec les autres.
C’est précisément là que les communautés religieuses offrent quelque chose d’irremplaçable — non pas comme une alternative à la technologie, mais comme un contrepoids nécessaire à ses limites. Si la confiance, dans son sens le plus large, exige la réciprocité, alors les espaces où la réciprocité authentique est encore pratiquée et transmise deviennent structurellement essentiels. Les communautés religieuses comptent parmi les rares institutions qui se sont toujours organisées autour de la culture de la confiance entre les personnes, construite par la présence réelle, l’écoute attentive, la vulnérabilité partagée et la réciprocité.
La confiance dans le dialogue interreligieux : comment les femmes des communautés religieuses peuvent façonner l’intelligence artificielle pour le bien commun.
[i] @yangmunus, Instagram profile, accessed 21/02/2025, ttps://www.instagram.com/yangmunus/
[ii] Beth Singler, Religion and Artificial Intelligence: An Introduction (London: Routledge, 2023), 92,
https://doi.org/10.4324/9781040121795
[iii] BBC News, “God and Robots: Will AI Transform Religion?” YouTube video, October 23, 2021,
[iv] O Globo, “Fé na tecnologia: IA gera ‘guru’ seguido por milhões, ganha versão gospel, recria orixás e inventa religião,” O Globo (blog IAI), February 3, 2026,
es-ganha-versao-gospel-recria-orixas-e-inventa-religiao.ghtml.
[v] “For religions involved in digital platforms and social media, adapting to the medium may also affect
their message, following the work of Marshall McLuhan and others,” in Beth Singler, Religion and
Artificial Intelligence: An Introduction (London: Routledge, 2023), 92,
https://doi.org/10.4324/9781040121795
[vi] “Women comprise only 22% of AI talent globally, with even lower representation at senior levels –
occupying less than 14% of senior executive roles in AI,” in AI’s Missing Link: The Gender Gap in the
Talent Pool (Brussels: Interface, October 10, 2024),
https://www.interface-eu.org/publications/ai-gender-gap
[vii] “Major global AI hubs, particularly in the United States, dominate the landscape of AI talent.
However, even in these leading centers, female representation remains low, highlighting the pervasive
nature of the gender gap,” in AI’s Missing Link: The Gender Gap in the Talent Pool (Brussels:
Interface, October 10, 2024), https://www.interface-eu.org/publications/ai-gender-gap#conclusion
[viii] Singler, Religion and Artificial Intelligence, 96.
[ix] Luciano Floridi, Josh Cowls, Thomas C. King, and Mariarosaria Taddeo, “How to Design AI for Social
Good: Seven Essential Factors,” Science and Engineering Ethics 26, no. 3 (2020): 1771–1796,
https://doi.org/10.1007/s11948-020-00213-5
[x] Recommendation on the Ethics of Artificial Intelligence (Paris: UNESCO, adopted November 23,
021), https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000381137
[xi] For viewpoints of different religions, see Rico C. Jacoba, “Exploring the Role of Artificial Intelligence in Interreligious Discourse,” RCJ 1, no. 1 (2023): pages 375-400, https://doi.org/10.62461/RCJ100323
[xii] Antiqua et Nova: Note on the Relationship Between Artificial Intelligence and Human Intelligence
(Vatican City: Dicastery for the Doctrine of the Faith and Dicastery for Culture and Education, January
8, 2025),
https://press.vatican.va/content/salastampa/en/bollettino/pubblico/2025/01/28/250128b.html
[xiii] Message of His Holiness Pope Francis for the 57th World Day of Peace: Artificial Intelligence and
Peace, January 1, 2024 (Vatican City: The Holy See, 2023),
https://www.vatican.va/content/francesco/en/messages/peace/documents/20231208-messaggio-57gio
[xiv] Digital Oath Project, https://www.digital-oath.net/
[xv] Net‑One, https://www.net‑one.org/
[xvi] New Humanity International, https://www.new-humanity.org/en/
[xvii] Bustamante Marín, P., & Giraldo Jiménez, N. (2025). SENIOR’S APP: El mundo a un clic de
distancia. Educomunicación hacia la inclusión y la paz. En I. Gatti (Comp.), Togetherness, media &
communication for peace (p. 170). Editorial Cidade Nova
[xviii] Andrea Galluzzi, “Fidarsi delle macchine?” Città Nuova, October 19, 2022,
https://www.cittanuova.it/fidarsi-delle-macchine/
Illustri rappresentanti,
colleghi e amici, è un vero piacere essere qui oggi per riflettere con voi su questo interessantissimo punto di incontro tra tecnologia e dialogo interreligioso — e, in particolare, per mettere in luce le dimensioni di genere che caratterizzano questo dibattito.
Non so quanti di voi abbiano mai visto l’account Instagram di un monaco buddista[i] che ha raccolto più di due milioni di follower. I suoi insegnamenti sono sereni, riflessivi, spiritualmente radicati. Eppure, il monaco non esiste. È interamente generato dall’intelligenza artificiale.
Questo è un esempio del livello di mediazione tecnologica che abbiamo raggiunto. La tecnologia sta occupando spazi che consideriamo sacri e umani. E, per me, questo solleva una questione fondamentale sulla fiducia: in un mondo in cui milioni di persone seguono gli insegnamenti di qualcuno che non esiste, come coltiviamo la fiducia — nelle relazioni umane in senso più ampio, e più specificamente all’interno delle nostre comunità religiose e tra le nostre diverse tradizioni di fede?
Non possiamo fingere che il rapporto tra religione e tecnologia sia qualcosa di nuovo.
È storica e continua da sempre: dalla tradizione orale alla scrittura, dai manoscritti alla stampa, dalla radio e dalla televisione a Internet e ai social media, ogni nuova tecnologia ha suscitato dibattiti, timori e processi di adattamento[ii]. La questione qui non è se la tecnologia e la religione interagiranno. Lo fanno già.
Esistono numerose app che assistono i credenti nella preghiera e nelle pratiche devozionali, forse anche voi ne usate una. A Varsavia, un robot cattolico chiamato SanTO interagisce con i fedeli, rispondendo alle domande e offrendo guida spirituale. In Giappone, in un tempio buddista di Kyoto, un robot di nome Mindar tiene sermoni ai visitatori, compresi i monaci[iii]. Allo stesso tempo, sistemi di chat basati sull’intelligenza artificiale addestrati su testi sacri[iv] — buddisti, islamici o ebraici — rispondono a domande teologiche, riproducendo insegnamenti e offrendo interpretazioni attraverso interfacce conversazionali.
In questo modo, l’intelligenza artificiale sta diventando un mediatore dell’autorità religiosa, dell’interpretazione e potremmo forse dire anche dell’esperienza spirituale. Ma la mediazione non è mai neutrale. Essa modella ciò che viene trasmesso, come questo messaggio può essere interpretato e chi viene riconosciuto come voce legittima.[v]
Ed è qui che è importante aggiungere anche la dimensione di genere. Storicamente, le donne hanno avuto uno spazio limitato sia nello sviluppo e nella gestione della tecnologia[vi] sia negli spazi formali del dialogo interreligioso. Sebbene le donne si facciano carico di gran parte del lavoro quotidiano delle comunità religiose — sostenendo le reti locali, l’istruzione, l’assistenza e l’impegno di base — la leadership religiosa è stata, nella maggior parte delle tradizioni, prevalentemente maschile. Anche il dialogo interreligioso è stato tradizionalmente strutturato attorno a incontri tra leader ufficiali, che sono stati in gran parte uomini.
Naturalmente, questo squilibrio non è esclusivo della tecnologia o della religione. Esso riflette più ampie strutture sociali patriarcali che hanno plasmato l’accesso all’autorità, alla produzione di conoscenza e al potere decisionale nelle società.
Il ben noto pregiudizio di genere nell’IA si intreccia anche con pregiudizi religiosi e culturali. I set di dati di addestramento sono prevalentemente occidentali e fortemente influenzati da riferimenti cristiani[vii]. Di conseguenza, i sistemi di IA dimostrano spesso una minore accuratezza nell’elaborazione di contenuti relativi a tradizioni religiose non occidentali. Alcuni studi hanno dimostrato[viii], ad esempio, che i termini associati all’Islam vengono classificati in modo sproporzionato con un sentiment negativo negli algoritmi di analisi testuale, mentre i testi cristiani compaiono molto più frequentemente nei dati di addestramento rispetto a quelli delle tradizioni buddiste, indù o indigene.
In questo senso, l’IA amplifica i pregiudizi e sistematizza le disuguaglianze già insite nelle nostre società. Quando il pregiudizio religioso si intreccia con quello di genere, le donne appartenenti a comunità religiose minoritarie rischiano di diventare doppiamente invisibili — sia all’interno dei sistemi tecnologici che all’interno della rappresentanza interreligiosa formale. Se l’intelligenza artificiale continua a mediare sempre più la conoscenza, l’autorità e l’interpretazione religiose, allora l’esclusione delle donne dalla definizione di questi sistemi non è semplicemente una questione di rappresentanza. Diventa una questione etica fondamentale riguardo a quali voci definiscono il futuro spirituale e tecnologico che stiamo costruendo.
In diversi settori, si sta diffondendo la consapevolezza che l’IA debba essere guidata da principi che tutelino la dignità umana, l’inclusione, la giustizia e la responsabilità. Iniziative quali il lavoro di ricerca sviluppato nell’ambito di Artificial Intelligence for Social Good[ix], la Raccomandazione dell’UNESCO del 2021 sull’etica dell’intelligenza artificiale[x] e le dichiarazioni delle autorità religiose[xi] — tra cui Antiqua et Nova, la più recente nota sul rapporto tra «Intelligenza artificiale e intelligenza umana», pubblicato dalla Chiesa cattolica[xii] — tutti sottolineano, dai rispettivi punti di vista istituzionali e morali, la necessità di affrontare i pregiudizi.
Convergono tutti su una preoccupazione comune: la tecnologia deve essere al servizio dell’umanità, non aggravare le disuguaglianze esistenti, come ha affermato Papa Francesco nel Messaggio per la Giornata Mondiale della Pace del 2024[xiii].
Partendo da questo orizzonte etico condiviso, il dialogo e la cooperazione interreligiosi hanno un ruolo specifico e opportuno da svolgere. Vorrei suggerire tre modi concreti in cui il dialogo interreligioso può contribuire all’IA per il bene comune:
- Promuovere set di dati diversificati e rappresentativi;
Ciò significa revisione sistematica, verifica e aggiornamento delle banche dati su larga scala già utilizzate dai principali sistemi di IA. La diversità di genere, religiosa e culturale deve essere trattata come criterio etico fondamentale nella governance dei dati, affrontando direttamente i pregiudizi strutturali di genere, religiosi e culturali insiti nei modelli di IA esistenti.
Questa dimensione trova concreta risonanza nel Giuramento Digitale[xiv], un’iniziativa di NetOne[xv] — il ramo di comunicazione della ONG New Humanity[xvi] — con la Sophia University, che propone un impegno etico pubblico per tutti gli attori dell’ecosistema digitale, dagli sviluppatori ai creatori di contenuti. Ispirato al Giuramento di Ippocrate, include esplicitamente l’impegno a «essere inclusivi ed equi nella creazione e nella progettazione dei contenuti». Quando adottato dai data scientiste dagli ingegneri, questo impegno implica direttamente la responsabilità per i pregiudizi che i sistemi riproducono. Applicato ai set di dati, ciò significa che la rappresentatività e la diversità devono essere integrate fin dall’inizio della progettazione del sistema, piuttosto che introdotte come misura correttiva dopo l’implementazione.
- Promuovere l’alfabetizzazione digitale e l’educazione tecnologica, in particolare valorizzando le donne come educatrici e mediatrici;
Le comunità religiose svolgono un ruolo unico in questo campo grazie alla loro portata globale, alla loro presenza in contesti rurali ed emarginati, ai rapporti di fiducia già consolidati con le persone e all’esistenza di strutture educative proprie. In un momento in cui la disinformazione, le fake news e l’uso manipolativo dell’IA minacciano in modo particolare i gruppi vulnerabili, questa vicinanza e presenza relazionale rivestono un valore rilevante.
Questa raccomandazione trova concreta attuazione nel progetto «Senior’s App: Il mondo a portata di mano», un’iniziativa guidata da un ricercatore[xvii] di NetOne — collegata all’ONG New Humanity. Sviluppato a Medellín, in Colombia, precisamente presso l’Università Politecnica Grancolombiano, il progetto ha coinvolto 120 adulti di età superiore ai 50 anni in laboratori di alfabetizzazione digitale condotti
da studenti universitari. I risultati sono stati significativi: i partecipanti hanno sviluppato competenze per utilizzare dispositivi mobili, accedere alle informazioni, comunicare con i propri familiari e identificare e mettere in discussione le fake news. Ma l’impatto è andato oltre le competenze tecniche. Testimonianze come «Mi sento indipendente e più sicuro» o «Avrò la possibilità di comunicare con la mia famiglia» rivelano che l’alfabetizzazione digitale è anche un atto di recupero della dignità e dell’appartenenza sociale.
Il progetto illustra ulteriormente un principio che il dialogo interreligioso può abbracciare ed espandere: l’educazione digitale è più efficace quando avviene in contesti di fiducia, mediata da persone vicine alla comunità, utilizzando un linguaggio accessibile e prestando attenzione alle esigenze reali. Questo è proprio il tipo di ambiente che le strutture religiose sono in grado di offrire.
In questo contesto, c’è una grande opportunità per lo sviluppo della leadership femminile come educatrici e mediatrici digitali. In molte comunità religiose in tutto il mondo, le donne svolgono già questo ruolo strutturante — come catechiste, insegnanti, formatrici e ponti tra le famiglie e la vita comunitaria. Responsabilizzare le donne religiose nell’alfabetizzazione digitale e in una comprensione etica dell’IA crea un potente effetto moltiplicatore: donne che educano altre donne sulla tecnologia, costruendo fiducia e senso di appartenenza in un campo che rimane prevalentemente maschile.
Questa prospettiva si riflette nell’iniziativa Women4Ethical AI, una piattaforma promossa dall’UNESCO che lavora per garantire la partecipazione paritaria delle donne alla governance e allo sviluppo dell’IA, basata sul principio che sistemi veramente etici richiedono la voce delle donne non solo come utenti, ma come progettiste, educatrici e decisori.
- Preservare spazi di fiducia umana che la tecnologia non può sostituire.
C’è una distinzione fondamentale che non deve essere trascurata: la differenza tra affidabilità e fiducia[xviii]. Ci affidiamo a un distributore automatico, a un ascensore, all’IA — e ci aspettiamo che funzionino correttamente. Ma la fiducia, nel suo senso più completo, è qualcosa di completamente diverso. La fiducia richiede reciprocità. È un atto bilaterale, radicato nella nostra storia evolutiva di esseri sociali: due o più individui che credono nella lealtà reciproca, che possono unire le loro forze proprio perché ciascuno sa che l’altro è capace dello stesso impegno in cambio. Poiché la vera fiducia esige questa reciprocità, ciò che costruiamo con i sistemi di IA, per quanto sofisticati, rimane strutturalmente diverso da ciò che costruiamo gli uni con gli altri.
È proprio qui che le comunità religiose offrono qualcosa di insostituibile — non come alternativa alla tecnologia, ma come necessario contrappeso ai suoi limiti. Se la fiducia nel suo senso più pieno richiede reciprocità, allora gli spazi in cui la reciprocità autentica è ancora praticata e trasmessa diventano strutturalmente essenziali. Le comunità religiose sono tra le poche istituzioni che si sono sempre organizzate attorno alla coltivazione della fiducia tra persone, costruita attraverso la presenza reale, l’ascolto attento, la vulnerabilità condivisa e la reciprocità.
Fiducia nel dialogo interreligioso: come le donne delle comunità religiose possono plasmare l’intelligenza artificiale per il bene comune
[i] @yangmunus, Instagram profile, accessed 21/02/2025, ttps://www.instagram.com/yangmunus/
[ii] Beth Singler, Religion and Artificial Intelligence: An Introduction (London: Routledge, 2023), 92,
https://doi.org/10.4324/9781040121795
[iii] BBC News, “God and Robots: Will AI Transform Religion?” YouTube video, October 23, 2021,
[iv] O Globo, “Fé na tecnologia: IA gera ‘guru’ seguido por milhões, ganha versão gospel, recria orixás e inventa religião,” O Globo (blog IAI), February 3, 2026,
https://oglobo.globo.com/blogs/iai/noticia/2026/02/03/fe-na-tecnologia-ia-gera-guru-seguido-por-milhoes-ganha-versao-gospel-recria-orixas-e-inventa-religiao.ghtml.
[v] “For religions involved in digital platforms and social media, adapting to the medium may also affect
their message, following the work of Marshall McLuhan and others,” in Beth Singler, Religion and
Artificial Intelligence: An Introduction (London: Routledge, 2023), 92,
https://doi.org/10.4324/9781040121795
[vi] “Women comprise only 22% of AI talent globally, with even lower representation at senior levels –
occupying less than 14% of senior executive roles in AI,” in AI’s Missing Link: The Gender Gap in the
Talent Pool (Brussels: Interface, October 10, 2024),
https://www.interface-eu.org/publications/ai-gender-gap
[vii] “Major global AI hubs, particularly in the United States, dominate the landscape of AI talent.
However, even in these leading centers, female representation remains low, highlighting the pervasive
nature of the gender gap,” in AI’s Missing Link: The Gender Gap in the Talent Pool (Brussels:
Interface, October 10, 2024), https://www.interface-eu.org/publications/ai-gender-gap#conclusion
[viii] Singler, Religion and Artificial Intelligence, 96.
[ix] Luciano Floridi, Josh Cowls, Thomas C. King, and Mariarosaria Taddeo, “How to Design AI for Social
Good: Seven Essential Factors,” Science and Engineering Ethics 26, no. 3 (2020): 1771–1796,
https://doi.org/10.1007/s11948-020-00213-5
[x] Recommendation on the Ethics of Artificial Intelligence (Paris: UNESCO, adopted November 23,
021), https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000381137
[xi] For viewpoints of different religions, see Rico C. Jacoba, “Exploring the Role of Artificial Intelligence
in Interreligious Discourse,” RCJ 1, no. 1 (2023): pages 375-400, https://doi.org/10.62461/RCJ100323
[xii] Antiqua et Nova: Note on the Relationship Between Artificial Intelligence and Human Intelligence
(Vatican City: Dicastery for the Doctrine of the Faith and Dicastery for Culture and Education, January
8, 2025),
https://press.vatican.va/content/salastampa/en/bollettino/pubblico/2025/01/28/250128b.html
[xiii] Message of His Holiness Pope Francis for the 57th World Day of Peace: Artificial Intelligence and
Peace, January 1, 2024 (Vatican City: The Holy See, 2023),
https://www.vatican.va/content/francesco/en/messages/peace/documents/20231208-messaggio-57gio
[xiv] Digital Oath Project, https://www.digital-oath.net/
[xv] Net‑One, https://www.net‑one.org/
[xvi] New Humanity International, https://www.new-humanity.org/en/
[xvii] Bustamante Marín, P., & Giraldo Jiménez, N. (2025). SENIOR’S APP: El mundo a un clic de
distancia. Educomunicación hacia la inclusión y la paz. En I. Gatti (Comp.), Togetherness, media &
communication for peace (p. 170). Editorial Cidade Nova
[xviii] Andrea Galluzzi, “Fidarsi delle macchine?” Città Nuova, October 19, 2022,
https://www.cittanuova.it/fidarsi-delle-macchine/





